FICHE AGRICULTURE, ALIMENTATION, SANTÉ
PASTORALISME ET LIMITATION DU RISQUE INCENDIE
LA VISION : "Le troupeau comme bouclier contre le feu."
Dans les zones de déprise viticole où l'arboriculture et le maraîchage sont impossibles, le pastoralisme est l'unique rempart. Nous transformons les friches inflammables en zones de pâturage pour créer des coupures de végétation stratégiques et sécuriser le territoire.
1. LE CONSTAT : LA FRICHE COMME COMBUSTIBLE
L'effondrement du modèle de la monoculture viticole laisse derrière lui des milliers d'hectares à l'abandon, particulièrement dans les zones sèches et escarpées.
- Vecteur d'incendie : L'absence d'entretien des anciennes parcelles de vigne génère une accumulation de biomasse hautement inflammable, facilitant la propagation rapide des feux vers les massifs forestiers (Fontfroide, la Clape) et les habitations.
- Perte d'accès : L'embroussaillement condamne les anciens chemins d'exploitation, rendant les interventions des services de secours plus lentes et plus dangereuses.
2. L'OUTIL DE PILOTAGE : L'INTELLIGENCE FONCIÈRE
La gestion du risque incendie passe par une connaissance millimétrée de l'occupation des sols.
- Cartographie IGN/OCSID : Identification précise des parcelles en friche à fort potentiel calorifique pour prioriser le déploiement des troupeaux.
- Plan de circulation DFCI : Recensement et remise en état des chemins d'accès au cœur des zones de friches pour garantir une pénétration rapide des véhicules de lutte contre l'incendie.
3. LA STRATÉGIE DES "COUPURES VERTES"
Le pastoralisme ovin et caprin est l'outil technique le plus efficace pour l'entretien des zones à risque.
- Coupures de végétation : Le pâturage intensif sur des bandes stratégiques réduit drastiquement la charge de combustible au sol, limitant ainsi la puissance et la vitesse de propagation du feu.
- Entretien des chemins : Les troupeaux maintiennent propres les abords des voies d'accès, assurant ainsi la sécurité des pompiers lors des interventions.
4. DÉBOUCHÉS ET SOUVERAINETÉ : LA FILIÈRE YAOURT
Pour pérenniser l'installation des éleveurs sur ces zones de protection, la ville garantit des débouchés via la restauration collective.
- Régie laitière locale : Soutien à la création d'unités de transformation pour produire des yaourts (brebis/chèvre) destinés aux cantines scolaires et aux établissements de santé.
- Pacte de commande publique : La Ville s'engage sur des volumes d'achat annuels, valorisant le rôle environnemental de l'éleveur dans le prix d'achat des produits laitiers et de la viande.
- Incitations en Cers : Le soutien à l'installation (clôtures, points d'eau) est fléché en monnaie locale pour renforcer l'économie de proximité.
5. MÉTHODE : UNE MONTÉE EN PUISSANCE PAR SECTEURS
Le déploiement se fait de manière progressive pour stabiliser techniquement chaque périmètre.
- Étape 1 : Zones de lisière : Installation prioritaire de parcs de pâturage sur les friches bordant immédiatement les zones habitées et les massifs sensibles.
- Étape 2 : Réseau de chemins : Réouverture et entretien des voies de pénétration par le pâturage dirigé.
- Étape 3 : Structuration de filière : Mise en place des ateliers de transformation pour absorber la production laitière croissante.
6. ÉVALUATION DE L'INVESTISSEMENT
Prévenir par l'agriculture coûte moins cher que de subir les catastrophes.
- Infrastructures pastorales : Estimé à 1,2 M€ sur le mandat (clôtures fixes et mobiles, citernes, abris), financé par la réallocation des budgets de débroussaillage d'urgence.
- Soutien à l'installation : Mobilisation des fonds européens (FEADER) et régionaux dédiés à la protection contre les incendies par le pastoralisme.
- Bénéfice : Une meilleure sécurité pour les riverains et la création d'emplois locaux non délocalisables.
OBJECTIF : LIMITER LE RISQUE INCENDIE EN ASSURANT L'ENTRETIEN DES ZONES DE DÉPRISE PAR LE PASTORALISME.